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Notre Dame

Notre dame de Paris

Notre Dame

Notre Dame,
Mon  cœur saigne de feu, mon ventre est pétrifié. 
Je suis étreinte de peine.
Je me sens à la fois orpheline et coupable.

T’avons-nous assez aimée ?
T’avons-nous assez révérée ?
Que nous dis-tu par ce feu ?
Quel sacrifice nous offres-tu ?

Quel message de rassemblement nous délivres-tu ?
Notre Dame, mère des églises, mère de l’idée même de communauté.

Désemparée, je ne sais plus qui invoquer.

Chaque semaine, je passe devant toi plusieurs fois, assise dans un bus.
J’ai l’immense chance que tu sois sur mon trajet.
Notre Dame majestueuse sur son île, offerte à nos regards.
Je ne manque jamais de te contempler,
Sous toutes sortes de ciels.
Obscure dans la nuit pas encore dissipée,
Gracieuse se jouant des premiers rayons du soleil
Illuminée du jour, qu’il soit lumineux ou gris,
Glorieusement éclairée par l’homme dans les premières heures de la nuit.

C’est toujours pour moi un temps de méditation, d’ouverture, de rêve.
Tu es cette image immuable dans notre monde en révolution
Pensée de gratitude pour ces milliers d’hommes qui t’ont édifiée,
T’ont comblée de tant de beauté.
Pensée d’amour et de bienveillance pour ceux qui se sont rassemblés ici,
Pour prier, pour t’implorer,
Et que tu as accueillis dans ton berceau.

Ce profond sentiment de ce qui nous relie,
Par-delà le temps, et les événements.
J’invoque ta protection.
Je me place au creux de l’aile immense et joyeuse que tu nous offres.
Sans rien demander en retour…  

Depuis des années, que je sois triste ou joyeuse,
Je sais que je peux compter sur toi
Quelque chose de plus vaste que nous,

Pourtant, depuis quelques mois, j’avais commencé à douter,
Ebranlée peut-être par les perspectives d’effondrement qu’on nous promet,
Nourrie peut-être de toute la littérature de dystopies,
Inquiète de ce ciel de plus en plus gris chargé de pollution.
J’ai pris aussi cela pour un symptôme de ma propre dépression.
J’ai commencé à penser qu’un jour tu n’existerais plus,
Dissoute au milieu de gratte-ciels,
Ruine dans le chaos,
Engloutie par quelque apocalypse suscitée par l’homme.

J’avoue aussi que j’avais renoncé depuis un certain temps,
A entrer me recueillir,
comme je l’avais fait régulièrement sous ta voûte,
Venir offrir mes joies et mes peines, et les déposer dans ton enceinte,
Alors que je l’avais fait pendant des années.
Dissuadée par la queue imposée par la lutte contre le terrorisme,
Goûtant fort peu aussi ces immenses hordes de touristes,
Dont beaucoup sont tellement plus préoccupés de leurs selfies,
Que prêts à te rendre hommage
Ou même simplement à te contempler.

Mal de cette exploitation effrénée.

Belle dame étranglée et étouffée
Condamnée au service d’un consumérisme sans limites,
Au nom d’un sacro-saint développement économique !  
Quitte à ce qu’on ne te révère plus,
Qu’on s’agenouille de moins en moins,
Qu’on ne respecte pas le merveilleux silence,
De la pause sacrée.

Que veux-tu nous dire en t’offrant aux flammes ?

Que ce brasier soit l’occasion de prier,
De nous rassembler.
Ecoutez, tout doucement,
Consacrez un temps
Offrez-le à Notre Dame,
Qui nous a tant donné.
Réfléchissez à ce qui nous tient à cœur,
A ce qui tient nos cœurs.

Blandine Stintzy,  16 avril 2019

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