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La méthode Feldenkrais nous invite à observer nos différentes manières d’être et d’agir au travers de notre corps en mouvement.

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Méthode Feldenkrais et Créativité

 

s’autoriser le lâcher prise pour plus de performance

s’autoriser le lâcher prise pour plus de performance

Le lâcher prise est une étape essentielle pour la créativité et pour notre santé, mais aussi pour l’efficacité de nos actions. La Méthode Feldenkrais peut nous aider à apprivoiser cet état de lâcher prise, en nous rendant plus performants.

Nous avons souvent tendance à admirer ceux qui sont capables « d’aller jusqu’au bout », sans « rien lâcher ». Et nombre d’entre nous estiment qu’un engagement acharné et une lutte sans repos méritent d’être récompensés par le succès. Mais force est de constater que le prix à payer est parfois lourd, avec des niveaux de stress élevés, des risques de burn-out. Et surtout il arrive que l’acharnement nous conduise jusqu’à l’épuisement en lieu et place de la réussite pour laquelle on a tout donné.

Alors si on s’autorisait le lâcher prise ?

On sait aujourd’hui que c’est un moment crucial dans le processus de créativité : après avoir accumulé beaucoup de travail, de questionnements, engrangé différents niveaux d’informations, on relâche aussi bien, physiquement que mentalement. C’est ce qui permet d’ouvrir un espace où pourra surgir l’illumination, le « wouaw » qui changera tout et ouvrira de nouvelles perspectives. On sait aussi que les moments de lâcher-prise vont permettre au système neurovégétatif de se régénérer, à l’énergie de se reconstituer.

Mais des moments de lâcher prise favorisent aussi nos actions et la mise en œuvre de nos projets. Parce qu’ils nous permettent de prendre du recul, d’affiner et d’enrichir notre point de vue sur une problématique, et de rassembler nos forces pour nous ajuster dans notre mode d’action.

Commençons par préciser ce que nous entendons par « lâcher-prise » ! Il s’agit en l’occurrence de

  • Prendre un temps de recul
  • A l’écoute de soi
  • Connecté à un espace plus vaste que « le problème »
  • En laissant « tourner » dans son esprit les ingrédients du problème qui ont été accumulés, questionnements, difficultés, ressources

Cette définition inspirée par les outils du Changement Génératif suppose donc de sortir du mode « résolution de problème » pendant un vrai temps qu’on s’accorde ! Mais tout en laissant un espace disponible à l’intérieur de soi où le problème « infuse ».  On ne lâche pas, on n’abandonne pas, on se met dans un autre état d’esprit, on se connecte à, ce qu’on appelle notre esprit somatique.

Il est naturel pour notre esprit de fonctionner à différents niveaux de conscience, appropriés selon le contexte. On distingue principalement

  • Esprit cognitif : celui de la pensée rationnelle, du langage, caractérisé par l’efficacité, la rapidité, et une attention focalisée
  • Esprit somatique : rythme plus lent, attention large, ouverture à de nouvelles potentialités, musicalité.

Le monde actuel nous incite à rester toujours plus dans notre esprit cognitif. Il y a une valorisation morale dans notre éducation : on apprend à travailler et pas à « ne rien faire ». Et il y a aussi l’économie de l’attention : tout est fait pour nous solliciter sans arrêt, des informations, des notifications, de la vigilance. Dès lors le fonctionnement de l’esprit somatique nous est inhabituel. On a l’impression de perdre le contrôle, alors que notre système est en train de se régénérer.

Dès lors pour beaucoup de gens, il est difficile de « convoquer » le lâcher-prise, d’apprendre à sentir quand c’est utile avant qu’il ne soit trop tard, et de trouver les modalités qui leur conviennent.

A chacun de trouver ce qui marche pour soi, et qui peut varier d’un jour à l’autre, mais voici quelques activités possibles pour lâcher prise :

-des activités qui absorbent, font plaisir, sans qu’on soit confronté à un challenge.
-des activités qui mettent le corps en mouvement.
-faire de la musique, ou en écouter, danser en écoutant de la musique
-rêvasser
-méditer
-faire la cuisine ou du bricolage (mieux en solitaire)

Au contraire voici des activités qui ne « fonctionnent » pas en général, même si parfois elles aident à se reposer ou à se distraire :

-consommation d’alcool ou sucreries
-plongée dans les réseaux sociaux : l’attention demeure focalisée, ou oublie le problème et on bourre l’esprit cognitif de nouvelles informations alors qu’il devrait être en train de digérer et d’élaborer.
-activité sportive dans laquelle on veut trop « bien faire », ou on se donne un challenge, comme lors d’une compétition : il y a alors toutes les chances que l’esprit reste en mode cognitif et ne se relâche pas.

Une des difficultés qu’on peut rencontrer est que l’esprit reste coincé dans le mode « résolution de problèmes », et qu’on n’ouvre pas suffisamment l’espace. Il faut abandonner profondément toute velléité de résultat. Pour les personnes qui ont tendance à rester dans leur mental, la Méthode Feldenkrais peut être particulièrement pertinente. En effet, elle vient chercher l’esprit cognitif coincé en mode « résolution de problèmes », elle l’occupe et le nourrit avec de nombreuses questions, qui concernent le corps, ramenant progressivement l’attention vers les sensations corporelles. L’esprit cognitif continue de fonctionner, mais à un moment, les sensations somatiques prennent le dessus, et les personnes sentent que quelque chose « lâche » . Ils font alors l’expérience d’un moment où ils ont l’impression qu’ils n’ont plus besoin de décider, mais que c’est le corps qui trouve tout seul.

En outre, les personnes font l’expérience somatique de quelque chose qui devient plus facile, aisé, agréable. Ce n’est plus l’effort mais l’écoute de soi qui est récompensée. On découvre qu’il y a des manières étonnantes et inattendues de répondre à une question. Feldenkrais aimait à dire qu’il cherchait à assouplir les cerveaux plutôt que les corps ! Sa pratique va favoriser notamment le développement de l’intuition.

La Méthode Feldenkrais nous donne à goûter une forme de lâcher-prise purement somatique : on apprend à minimiser l’effort et à l’ajuster à l’intention d’action. Parce que le potentiel de puissance d’un muscle est plus important quand il est relâché que tendu, ce travail d’écoute, qui élimine les tensions inutiles à l’action, nous rend plus performants. C’est pour cela que des sportifs de haut niveau ou des musiciens et danseurs pratiquent régulièrement la Méthode Feldenkrais.

Et pour nous préparer à des taches plus intellectuelles, la pratique de la Méthode Feldenkrais nous permet de développer une meilleure écoute de nous-même. On apprend à sentir quand le lâcher-prise est utile. Et peu à peu, on apprend à minimiser l’effort, au fur et à mesure, par de micro-ajustements. On développe un nouvel équilibre, une « balance » entre engagement dans nos actes et possibilité de relâcher de manière infinitésimale et quasi imperceptible. On plonge alors dans l’état de flow qui a été élaboré par le psychologue Mihály Csíkszentmihályi à partir de 1975, a été utilisé dans de nombreux domaines, du sport à la musique en passant par spiritualité et l’éducation : cet état mental atteint par une personne lorsqu’elle est complètement plongée dans une activité et qu’elle se trouve dans un état maximal de concentration, de plein engagement et de satisfaction dans son accomplissement. Engagement sans tension : l’état de flow peut alors être considéré comme un magnifique état de performance, combinaison subtile oscillant sans arrêt entre avancée et relâchement.

Ça vous fait envie ? Parlons-en !

 

 

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