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Méthode Feldenkrais et Créativité

 

Libérez la créativité, ouvrez les portes à l’imagination!

souche d'arbre ou animal étrange

Libérez la créativité, ouvrez les portes à l’imagination!

Une série d’articles du journal Le Monde raconte comment le terme de créativité est apparu, et comment celle-ci est devenue un objet d’études assorti d’un enjeu majeur : démontrer ce que les humains peuvent apporter de spécifique et irremplaçable, par rapport au développement de l’intelligence artificielle. Et de fait, les processus de la créativité sont de mieux en mieux connus, et modélisés. Mais ensuite, une série de douze témoignages de scientifiques sur le thème « Comment les idées viennent aux scientifiques », nous montre que même s’il y a des facteurs qui la favorisent, même si c’est une pratique et une discipline au quotidien, la créativité est aussi un miracle, un cadeau, et surtout le fruit d’une « échappée », notamment à l’injonction de produire encore et toujours plus !

qu’est-ce que la créativité?

Rappelons d’abord la définition de la créativité : « produire des idées nouvelles, originales et adaptées à leur contexte ». En d’autres termes, la créativité suppose que les idées soient non seulement inédites, mais puissent donner lieu à des réalisations, se concrétiser. C’est relativement récent, et lié au développement de la logique libérale. Dans son article Comment naissent les idées lumineuses ? Le grand mystère de la créativité, la journaliste Laure Belot nous explique que le terme est apparu vers 1940, alors qu’on parlait auparavant d’imagination. Imagination dont on avait commencé à étudier les mécanismes, dès le XIXème siècle, à partir de témoignages comme celui du mathématicien Henri Poincaré (1854-1912) relatant son illumination créatrice sur le marchepied d’un omnibus, ou plus tard d’Albert Einstein (1879-1955) racontant se placer mentalement à la place d’un photon ou d’un atome pour en imaginer les déplacements possibles.

 

Rappelons au passage la fameuse « théorie du U » et ses quatre étapes : la préparation, où on accumule beaucoup de travail, on rassemble les informations, on précise ses objectifs, puis l’incubation, moment de lâcher-prise nécessaire, les idées murissent à leur rythme, quelques jours ou parfois toute une année, et le fameux moment de l’illumination, du « wouaw »magique  où l’idée surgit, et enfin de nouveau du travail pour la vérifier, et/ou la mettre en œuvre.

 

Le psychologue Joy Paul Guilford décrit lui aussi le processus de la créativité, dans les années 50 avec d’autres mots : notre esprit passe par des moments de « pensées divergentes », afin d’explorer les possibles, puis de « convergence créative », pour synthétiser, et d’« évaluation », pour mesurer s’il faut continuer la quête. Je ne résiste pas à faire le parallèle avec la Méthode Feldenkrais, où on essaie toutes sortes de manières différentes d’initier le même mouvement, en portant l’attention à diverses parties du corps et à leurs relations entre elles, puis on donne à son corps l’occasion de sentir la manière la plus efficace de procéder… oui, je l’ai expérimenté de nombreuses fois, la Méthode Feldenkrais est un bon moyen de stimuler la créativité.

 

la créativité peut-elle devenir obligatoire?

Mais ce qu’on peut déplorer, c’est que la créativité est en train de se transformer en injonction, selon Laure Belot :

A l’heure où l’intelligence artificielle s’immisce dans un nombre croissant de processus, il est demandé aux intelligences humaines d’être encore plus surprenantes, que ce soit dans le monde économique ou dans les laboratoires scientifiques, privés ou publics, priés de trouver (et de publier) des « innovations de rupture » justifiant les budgets qui leur sont alloués.

Et de fait il y aurait eu deux fois plus de recherches sur la créativité depuis les années 2000 que dans les cent cinquante années précédentes ! Citons quelques termes associés aujourd’hui à la créativité, comme la sérendipité, ou les « big C » ou « little C » selon qu’il s’agit d’avancées majeures destinées à marquer leur époque ou de créativité au quotidien. Et les neuroscientifiques se sont attaqués eux-aussi à comprendre comment le cerveau est sollicité dans les moments de créativité.

Serions-nous en train d’observer sur la créativité un phénomène du même ordre que ce qui se passe pour le bonheur, décrit par Eva Illouz. La créativité devenant partie intégrante et obligée de la logique néo-libérale, dévolue à l’innovation, pour permettre de créer de nouveaux biens, de nouveaux produits, et même de nouveaux besoins pour assurer encore et toujours plus de croissance économique ?…

Alors que la créativité est en soi source de bonheur pour ceux qui la pratiquent, ne risque-t-on pas de tarir cette source en exigeant d’y puiser toujours plus ?

Même si pour commencer, la créativité pose un problème particulier à ceux qui veulent l’étudier de manière scientifique : la recherche suppose de mesurer un phénomène capable de se répéter un grand nombre de fois, pour procéder à des observations et des comparaisons. Or le moment très particulier de l’illumination reste un phénomène exceptionnel, difficile à reproduire et même à prédire.

 

l’imagination nous ouvre les chemins de traverse de la créativité

Alors je préfère m’émerveiller des moments d’illumination, relatés par les différents chercheurs interviewés par le journal Le Monde dans sa série de témoignages. Ils racontent leurs promenades dans la nature, le fait de faire du sport ou encore mieux, de la musique, ils racontent la patience, le lâcher prise, l’entraînement à se poser des questions bizarres. Et le bonheur de la surprise quand l’idée surgit !

Et je ne résiste pas à vous restituer mon témoignage préféré, parce que c’est une histoire dans l’histoire ! Elle est arrivée à David Elbaz, 53 ans, astrophysicien, directeur du laboratoire « cosmologie et évolution des galaxies » au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). Voici comment il la raconte dans son témoignage :

Je me souviens de ce jour de vacances en Bretagne où je commençais l’écriture d’un roman. L’héroïne devait faire une découverte scientifique pour les besoins de la narration et j’avais décidé de partir de travaux récents sur un quasar qui ne répondait pas aux attentes de nos théories. Un quasar est un trou noir se nourrissant de la matière diffuse d’une galaxie or ce quasar n’habitait, semblait-il, aucune galaxie. J’imaginai donc l’héroïne faisant une découverte inattendue, un jet de matière issu du quasar provoquait une flambée d’étoiles et donnait naissance à la galaxie qui serait ultérieurement la galaxie-hôte du quasar. J’ai alors levé la tête de l’écran de mon ordinateur portable et une idée m’a frappé : et si c’était vrai ? J’ai immédiatement écrit un programme pour analyser les images du VLT [Very Large Telescope] que nous avions récemment obtenu et d’où rien d’intéressant n’avait émergé, et, en quelques minutes, j’ai vu apparaître l’image d’une source de lumière puissante voisine qui nous avait échappé. C’était une flambée d’étoiles apparemment provoquée par le quasar, exactement comme dans la fiction. L’écriture m’a libéré d’un « obstacle épistémologique », comme l’appelait Gaston Bachelard (1884-1962), un obstacle né de la connaissance elle-même, qui réduit le champ de la sérendipité.

N’est-ce pas une magnifique manière de lâcher prise ? Intéressant que tout ceci arrive pendant les vacances, alors que le chercheur abandonne sa blouse pour se mettre en position d’écrivain, et invente un héros qui lui ressemble, mais qui n’est pas soumis aux mêmes contraintes que lui en tant que responsable de son labo. Et dès lors, dans ce contexte particulier, à la fois proche et lointain, tous les ingrédients de la problématique peuvent se recomposer ! C’est la fiction qui devient réalité, au sens propre ! C’est l’imagination qui a repris le pouvoir !

Alors oui, on peut faire un catalogue de toutes les histoires de créativité, reconnaître les moments en commun, et même essayer d’appliquer les protocoles. Mais il y a beaucoup de chances pour que la créativité déjoue tous nos plans, et c’est même peut-être à cela qu’on la reconnaît !

L’illumination arrive quand on a préparé le terrain, ET qu’on a arrêté de l’attendre. Et surtout qu’on se régale d’un moment de liberté, qu’on savoure pleinement d’avoir lâché prise, qu’on s’autorise à s’amuser, qu’on en profite.

Dans la créativité, il y a de la liberté, de l’école buissonnière, de la surprise, de la poésie, du bonheur. On rêve, ou même on rêvasse, on s’évade, on joue, on se laisse surprendre, on se délasse, on s’envole, on se raconte des histoires qui nous emportent.

La créativité est d’abord une autorisation à un voyage.

Et vous, comment vous y prendrez-vous pour inviter la créativité?

Qu’est-ce qui vous emporterait, là, maintenant ?
Voudriez-vous prendre le temps de fermer les yeux et de l’imaginer ?
De respirer pleinement ?
Que voyez-vous ?
Qu’entendez-vous ?
Que sentez-vous ?
Que savourez-vous ?
Où est-ce que ça vibre à l’intérieur de vous ?

Il faut croire pour voir, et non l’inverse.
Et sur la photo illustrant cet article, que voyez-vous à part une souche d’arbre ?
Combien de temps la comtempler pour y voir…peu à peu se dessiner…
Un animal préhistorique, une créature fantastique ?

Avez-vous remarqué où se cache/ se révèle le passage vers d’autres mondes ?

Si la créativité est un enjeu pour vous, ou simplement un voyage qui vous fait envie, je vous propose des accompagnements en créativité, individuels, ou un travail au sein de petits groupes, lors de  Journées de Disponibilité Créative. Contactez-moi.

Blandine Stintzy, fév 20

 

 

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