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La méthode Feldenkrais nous invite à observer nos différentes manières d’être et d’agir au travers de notre corps en mouvement.

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Méthode Feldenkrais et Créativité

 

IMAGINATION vs IMAGINATION

IMAGINATION vs IMAGINATION

Y a-t-il deux formes d’imagination? En quoi sont-elles différentes? Dans leur fonctionnement, dans ce qu’elles activent dans nos réseaux de neurones?

En Feldenkrais, nous faisons souvent des mouvements en imagination. Cela fait partie de la stratégie pédagogique. Il s’agit de sentir le mouvement, comment on s’y prépare, où on mobiliser la force pour l’initier, comment il se transmet dans le corps, s’il est susceptible de susciter des inconforts, et où on peut l’améliorer. Et on sait que les réseaux neuronaux correspondant au mouvement sont activés.

C’est une imagination kinesthésique.

Les musiciens s’en servent pour répéter et améliorer leurs morceaux.
Les sportifs de haut niveau s’en servent pour entraîner leurs gestes.
Les personnes immobilisées suite à accident peuvent s’en servir pour éviter la fonte musculaire.

Car oui, on sent comme le mouvement s’organise en cohérence dans le corps, avec souvent plus de nuances que quand on exécute effectivement le mouvement. Cela permet de mieux différencier les étapes, de ne pas sentir uniquement la « force » ou l’effort. Et on peut effectuer des changements, raffiner le geste.

Milton Erickson a été victime d’une attaque très grave de polio quand il était adolescent, et les médecins lui prédisaient qu’il resterait paralysé. Il est resté alité et allongé pendant des mois, et il a alors eu l’idée de faire appel à ses souvenirs de mouvement. Il a passé des heures chaque jour à se rappeler combien il adorait jouer à la balle avec son frère, combien il aimait courir dans les champs. Et c’est en faisant appel à ces souvenirs d’enfance et de plaisir qu’il a peu à peu retrouvé une certaine mobilité.

A-t-il utilisé le même type d’imagination qu’en Feldenkrais, était-il déjà dans un souci d’organisation du mouvement, ou était-il d’abord en train de simplement activer des zones de confort et de plaisir dans le cerveau ?

En Hypnose aussi, on utilise l’imagination. Mais elle ne part pas du sens kinesthésique. Elle vise à développer une sensation de bien-être indépendamment des contraintes ou douleurs du corps.

En Hypnose, comme en PNL, on utilise beaucoup la visualisation, qui est aussi une démarche d’imagination. On peut s’imaginer dans un lieu agréable, libéré de toute douleur corporelle. Dans ce cas, l’image est dissociée du corps. Même si peu à peu on revient dans les sensations corporelles plaisantes qu’elle procure. Et puis on peut compléter les sensations visuelles en ajoutant des connexions par d’autres sens, comme l’odorat, l’ouïe, et peu à peu, on ressent peut-être plus les effets de plaisirs de certains neurotransmetteurs ? Quitte à ce que ça ouvre ensuite la voie vers un travail d’imagination kinesthésique.

Mais à vrai dire, je n’ai jamais lu d’étude scientifique sur ces différentes imaginations ? Font-elles appel à des zones différentes du cerveau ? Fonctionnent-elles différemment ? ou bien s’agit-il de nuances dans un continuum ?

Parfois, pour certains élèves Feldenkrais en grande difficulté de douleurs physiques, j’ai testé de commencer par une imagination « pure » d’une situation agréable, indépendamment de tout mouvement ou de projet de mouvement. Et j’ai observé que leur corps se détendait et que cela permettait ensuite un travail plus aisé, vers des mouvements exprimés dans la réalité de l’espace, avec plus de douceur.

Comme si l’imagination avait permis d’ouvrir une voie favorable, de créer de bonnes conditions pour travailler ensuite sur l’organisation du mouvement. Une question de neurotransmetteurs qui sont générés et qui ensuite vont favoriser le fait de stimuler les réseaux neuronaux ?

Et vous ?

Comment sentez-vous cette différence entre une imagination kinesthésique dans lequel on sent à l’avance l’effet du mouvement sur les articulations, la sensation du poids, et d’un autre côté une imagination qui serait pure projection, sans souci du corps au moins dans un premier temps ?

 

Voulez-vous essayer ?
Vous pouvez consacrer quelques minutes à chaque exploration.

 

Imagination kinesthésique :

Asseyez-vous confortablement sur une chaise. Sentez vos appuis. Redressez-vous et relâchez vos épaules. Vous pouvez fermer les yeux. Et puis imaginez que vous tournez la tête à droite. Puis à gauche. Quel côté est le plus facile ?

Avez-vous plus de poids sur l’ischion gauche ou sur l’ischion droit ?

De nouveau imaginez tourner la tête vers la gauche.

Où commencez-vous le mouvement ?
Que fait le sternum ?

Est-ce que vous changez vos appuis dans la chaise ?

Que font vos yeux ? Ils suivent ou ils précèdent ?

Faites les mêmes explorations de l’autre côté.

Peut-être que vous allez avoir envie d’ajuster un peu votre posture.

Et observez si quelque chose change dans la sensation que vous avez de vous-même ?

 

 

Imagination dissociée :

Asseyez-vous confortablement.

Imaginez un lieu où vous aimeriez être, et où vous pourriez vous sentir bien.

Est-ce au bord de la mer ? à la campagne ? la nuit ? le jour ?

Prenez quelques instants pour préciser le décor.

Est-ce que c’est plutôt des sensations visuelles ? ou commencez-vous à entendre des bruits et des sons ? A sentir des odeurs ?

Pouvez-vous vous « visualiser » bouger dans ce lieu, de manière facile et agréable ?

Observez si quelque chose dans la sensation que vous avez de vous-même, de votre respiration.

 

Et quelles autres propositions pourriez-vous suggérer, pour explorer les ressources de votre imagination ?

Dans quelles circonstances pouvez-vous imaginer l’une ou l’autre de ces imaginations ?

 

Je suis curieuse de lire vos témoignages sur le sujet, et d’en discuter avec vous.

 

Alors ?

Prêts à vous faire du bien ?

Posez-vous, et ouvrez la porte à l’imagination !

 

Blandine Stintzy 22 novembre 18

 

 

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