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La méthode Feldenkrais nous invite à observer nos différentes manières d’être et d’agir au travers de notre corps en mouvement.

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Méthode Feldenkrais et Créativité

 

Facile… relié à la Méthode Feldenkrais et à l’hypnose.

Facile… relié à la Méthode Feldenkrais et à l’hypnose.

Je suis très en retard, et je n’ai pas trouvé le temps d’écrire. Facile à dire!
J’ai eu trop de travail sur différents projets, mais aussi, j’ai pris des vacances, loin, et je me suis occupée aussi à prendre le temps de ne rien faire, d’autant que c’était le sujet de l’article précédent de ce blog !

Alors je choisis une solution de facilité pour cette fois-ci.

FACILE :  l’art français de réussir sans forcer.

C’est un livre d’Ollivier Pourriol que j’ai découvert récemment et que je trouve revigorant et intéressant. Un livre qui aborde les thèmes qui m’intéressent, et qui concernent Feldenkrais et l’hypnose, mais par le prisme de la philosophie.

On y parle notamment de comment se mettre en action, de la notion de posture, et aussi de la qualité de l’attention.

J’aurais voulu un jour vous en faire un résumé critique intelligent. Je vais aujourd’hui me contenter de vous en proposer quelques extraits pertinents par rapport à ce que nous explorons ensemble, autour du mouvement notamment.

Ollivier Pourriol commence par dire que le secret de l’action, il l’a trouvé dans un livre d’Alain, qui donne la « solution miracle », que voici :

« Toute la doctrine de l’action (tient) en deux chapitres dont chacun n’a qu’un mot. Premier chapitre, continuer. Deuxième chapitre, commencer. L’ordre, qui étonne, fait presque toute l’idée. »

J’aime ce paradoxe qu’Ollivier Pourriol justifie un peu plus loin :

« Être vivant, c’est être pris dans l’expérience, être engagé dans le monde. L’action, on est toujours déjà dedans. Il n’y a donc pas à commencer, simplement à continuer. »

Et ce qu’il y a de délicieux, du coup, c’est que

« L’imperfection n’est plus un problème, mais un point d’appui. »

Et nous retrouvons là un des clés de nos explorations en Feldenkrais : un mouvement n’a pas à être parfait, et c’est justement parce qu’il ne l’est pas qu’il peut sans cesse être à nouveau interrogé par un autre biais, un autre point de vue, et s’enrichir, et nous régaler. On recommence et on avance, on progresse et on recommence. Et notre pratique d’entraînement de l’attention par la Méthode Feldenkrais est orientée vers l’action, c’était le souci premier de Moshe Feldenkrais, qui s’était concrètement confronté à des situations où sa survie était en jeu. Et je m’émerveille souvent d’avoir des retours de mes élèves qui témoignent de combien ce travail change leur manière d’envisager leurs actions au quotidien, par-delà les seules problématiques corporelles. Ils ne sont plus coincés, ils peuvent toujours interroger pour faire autrement, et cela nourrit leur énergie. Et ils se régalent à ajuster au fur et à mesure en fonction de ce qu’ils perçoivent, à l’intérieur d’eux et autour d’eux. Et c’est aussi grâce à ces retours que je me suis plongée dans l’exploration de la méditation et de l’hypnose.

Et cela me semble très cohérent avec ce que nous retrouvons dans le livre d’Ollivier Pourriol un peu plus loin :

« C’est un paradoxe immense, et le vrai secret des hommes et des femmes d’action : ils agissent précisément parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font. Ils le savent bien un peu, sinon ils ne se lanceraient pas. Mais s’ils le savaient complètement, ils n’auraient plus besoin de le faire. Ils n’agissent pas parce qu’ils savent, mais pour savoir. (…) Le plaisir de l’action, c’est de se surprendre soi-même, de découvrir aussi bien ce que seule l’action permet – un nouveau chemin pour le grimpeur – que ce que l’action révèle de soi – courage, peur, etc. (…) Agir, ce n’est pas avoir pris une grande décision une fois pour toutes, mais ne cesser de prendre de petites décisions en fonction de ce qu’on sait, et de ce qu’on ne sait pas. »

Et les personnes qui viennent vers la Méthode Feldenkrais y viennent souvent pour des problèmes de douleurs de dos, pour lesquels on les a sermonnés sur leur posture qui ne serait pas bonne et qu’il faudrait commencer par rectifier. Ce n’est pas ainsi que nous procédons, nous commençons par développer les sensations dans le mouvement et dans l’action, principalement dans la position allongée, parce qu’elle est confortable et que les muscles de posture peuvent trouver à se relâcher. Et ce n’est qu’une fois que les élèves-explorateurs ont acquis des bases, ont développé une qualité d’écoute du mouvement et leur compétence à se poser des questions que nous les incitons à revenir interroger la posture. Le livre d’Ollivier Pourriol lui aussi interroge la position au chapitre 5, n’en faisant pas non plus un préalable de l’action.

« Avant de pouvoir agir, il faut bien recevoir. (…) La facilité, ce n’est pas une idée, mais une position. Parfois il suffit d’un rien, d’un tout petit changement pour trouver sa place dans le fauteuil. C’est important, on y passera le temps qu’il faudra. La posture est quelque chose de déterminant. Il ne s’agit pas d’obéir à un impératif scolaire ou parental du genre « Tiens-toi bien ! » ou « Tiens-toi droit ! » mais de trouver la position où l’on se sent le plus à son aise.»

Et quand en Feldenkrais on parle d’efficience, de ne faire que l’effort qui est absolument nécessaire par rapport à l’intention qu’on a, cela s’applique aussi à la posture :

« Quand le corps a une bonne posture, la respiration est plus facile, les articulations ne souffrent pas, l’énergie circule, et le repos est déjà une action. (…) Dans un corps détendu, l’énergie « circule sans entraves, comme un souffle. » Voilà la première évidence, qui sonne pourtant comme une surprise ou un paradoxe : un corps détendu a plus d’énergie qu’un corps tendu. »

Bien sûr, les pratiquants de la Méthode Feldenkrais ont eu maintes fois l’occasion de l’expérimenter.  Mais je me suis régalée dans le livre d’Ollivier Pourriol, de découvrir que sa réflexion sur la posture l’avait conduit…  vers l’hypnose, en l’occurrence les travaux de François Roustang. Pour lui, nos maux viennent souvent de ce qu’on réfléchit trop au lieu de simplement agir pour savoir. Et agir commence par trouver la bonne position. Voici le passage de Roustang cité dans le livre Facile :

« Une position confortable est jugée telle non par le relâchement seul, mais par la mobilisation de tous les membres et de tous les viscères.  On doit sentir que toutes les articulations sont souples et prêtes au mouvement, qu’une énergie circule sans entrave comme un souffle et qu’elle passe de la tête aux pieds et des pieds à la tête. »

Cette énergie que Pourriol nous propose ensuite d’interroger : « Quelle idée vous faites vous de l’énergie ? L’énergie est-elle pour vous quelque chose qu’on accumule dans un réservoir puis qu’on consomme, comme de l’essence ? Quelque chose qu’on comprime puis qu’on relâche, comme de la vapeur ? quelque chose qui circule en permanence comme un courant électrique ou un fluide ; ou, pour reprendre l’image de François Roustang, « comme un souffle » ? est-ce que l’énergie est quelque chose que vous produisez et qui vient de vous, ou bien quelque chose qui vous traverse, ou encore quelque choser qui existe hors de vous, et sur quoi vous surfez ? (…) L’image que vous vous faites de l’énergie est décisive, car la manière dont vous imaginez l’énergie peut vous dynamiser ou pas, vous permettre de la renouveler plus facilement ou pas. En un mot, votre imagination et au cœur de votre vie. C’est elle qui forme votre image corporelle, elle qui structure la nature des échanges entre le monde et vous, elle qui vous tisse. »

Aucun cours de Feldenkrais ne pourrait renier ces paroles qui sont au cœur de notre travail constant, l’image de soi, celle qu’on construit, qu’on reconstruit par les sensations et l’imagination comme plan d’acte de nos mouvements.

Et là encore, cela rejoint la vision de l’hypnose de François Roustang que nous propose Ollivier Pourriol : Et l’hypnose (…) n’est rien d’autre que « la pratique d’un art de l’action qui nous guérirait de bien des maux fabriqués de toutes pièces. Si, sous son effet, des problèmes se résolvent comme par enchantement, c’est tout simplement parce qu’il fallait les mettre en acte au lieu de se torturer à y réfléchir » (…) Le but de l’hypnose est d’induire un état où se manifeste pleinement la vérité de notre être, un état qui n’a rien d’illusoire ou d’artificiel, et qui permet de résoudre avec une facilité déconcertante les difficultés que l’on croyait insurmontables. (en appliquant quelques principes, le premier étant ) Cesser de réfléchir. »

Et donc je vous propose de nous arrêter là pour aujourd’hui. Nous pourrons revenir sur d’autres thèmes abordés par ce livre, comme la grâce, le moment où les choses se font toutes seules, ou l’attention, toujours si passionnante à développer et à explorer.

Mais pour l’heure, pour maintenant, pour tout de suite,
cessons de réfléchir,
et tout en ne faisant rien

agissons ! 

Et que tout ceci vous apporte beaucoup d’allégresse !

Blandine Stintzy
Mars 19

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