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La méthode Feldenkrais nous invite à observer nos différentes manières d’être et d’agir au travers de notre corps en mouvement.

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Méthode Feldenkrais et Créativité

 

Prendrez-vous le temps … de ne RIEN faire?

Prendrez-vous le temps … de ne RIEN faire?

Ou plutôt comment trouverez-vous le temps du « Non-Faire » ?
C’est la question qui m’est inspirée par cette réaction si fréquente de participants à l’issue des ateliers Feldenkrais et Méditation que je propose.

Les personnes qui viennent de se consacrer à l’écoute de leurs corps, de leurs mouvements, de leurs pensées pendant trois heures disent souvent « Comme ça fait du bien ! » … Elles repartent apaisées, régénérées, joyeuses.

Et ces mêmes personnes reconnaissent pourtant qu’elles ne trouvent jamais de temps à s’accorder pour des pauses de méditation, ou pour de petites explorations de mouvements qui pourraient les aider à retrouver ce même état.  Alors que je m’applique à leur démontrer qu’il suffirait de 2 à 3 minutes dans la journée, dans le métro, dans une salle d’attente, ou même assis à son bureau, voire en se lavant les dents ! … 

Attention, je ne fais pas non plus de promesses fallacieuses, je dis aussi que c’est précieux et intéressant de donner du temps à la méditation tout seul, peut-être 10 minutes parfois, et observer si on devient curieux –sur la durée- de rester un peu plus longtemps certains jours.

Cela vous intéresse ? Alors deux options :

Vous pouvez prendre le temps de lire cet article dans la continuité. Ou bien vous venez directement essayer la petite pratique proposée en fin de l’article en gras.

Pourquoi ces personnes motivées pour trouver le temps de venir en atelier ne trouvent-elles pas ce temps pour ne rien faire  chez elles?

La première réponse pourrait être que c’est parce qu’elles sont très occupées, ont du travail, une famille, des engagements à droite et à gauche dans diverses activités.

Alors peut-être faut-il commencer par justifier en quoi c’est utile de prendre ces temps de ne rien faire ?

Parce que nous en avons besoin.

Notre corps et notre esprit ont besoin de ces moments de lâcher-prise sous peine de risquer de développer un stress chronique, voire de se confronter à un épisode de burn-out.

Et les travaux de neuro-sciences le démontrent : pour être performant, il faut passer par des phases de relâchement, de lâcher prise. Nous ne devrions nous contracter que momentanément, pour des pics d’action, quand la situation l’exige, pour se battre, ou s’enfuir par exemple. Et nous devrions pouvoir nous relâcher tout de suite après, comme nous l’apprenons avec la pratique de la Méthode Feldenkrais pour nos muscles notamment. Pour préserver notre énergie, d’une part, et aussi parce que notre force est proportionnelle à notre capacité à contracter nos muscles. Et donc si nos muscles sont déjà contractés, cela diminue d’autant notre potentiel d’action.

Ces moments sont précieux et indispensables aussi pour notre créativité. C’est au moment où nous lâchons (après avoir beaucoup travaillé) que nous avons les meilleures chances de vivre le moment de l’illumination, de l’idée qui semble venir toute seule !

Mais cela, les personnes qui viennent à mes cours le savent, et les nombreux articles sur la méditation dans les journaux grand public ne cessent de nous le répéter depuis des années.

Alors certaines personnes prennent sur leur temps libre et trouvent le moyen de « faire » de la méditation, avec bonne « volonté », et « application » et se demandent pourquoi ça produit si peu d’effet et ensuite elles se découragent. Alors qu’elles mériteraient des résultats ! Ces mêmes personnes qui ne se rendent pas compte qu’elles exportent vers la pratique de la méditation notre culture ou même culte pour le « faire » !

En essayant de « bien faire », elles s’éloignent du ne Rien faire… Oui, je constate qu’on a du mal à être dans le Non-Faire, de sortir de la pensée utile.  

Parce que cela laisse parfois la place à plein de pensées qui viennent tourner dans notre tête, ou à plein de petits inconforts que nous parvenons à « oublier » dans notre vie quotidienne, avant qu’ils deviennent de gros soucis.

Mais au-delà de ces moments d’inconfort du Non-Faire, je crois surtout qu’il y a une culture du « faire » et de l’utile si profondément ancrée en nous que nous ne nous en rendons même plus compte. Depuis notre plus jeune âge, dès l’école, nous apprenons à faire des efforts, à nous appliquer, à travailler, mais qui nous apprend à ne rien faire ?

Je suis toujours étonnée lors de mes cours de Feldenkrais, de voir comment certaines personnes n’arrivent pas à différencier le mouvement de l’effort. Certaines commencent même par se mettre en tension dès qu’elles envisagent de bouger, alors que je n’arrête pas de leur proposer de commencer par imaginer le mouvement et d’attendre qu’il se fasse tout seul. (Si si, c’est possible !  Essayez encore ! ) Elles s’appliquent dans la mauvaise direction, parce qu’elles ont besoin de sentir l’effort pour croire au mouvement, alors qu’elles viennent justement pour se détendre.

Que faire quand on ne fait rien ?

Sentir !
Observer ses sensations corporelles !

C’est ce qu’on propose dans les cours de Méthode Feldenkrais, comme dans la pratique de la méditation, et dans beaucoup d’approches de bien-être., ou liées aux traditions orientales

Et de fait, cela marche dans les ateliers, quand on est ensemble, avec un prof. La plupart des gens arrivent beaucoup mieux à ne Rien faire dans ces conditions que tout seuls. Comme si le groupe nous « portait » dans ce temps partagé. Oui, c’est plus facile de créer cette réalité de non-faire quand on est plusieurs.

Comme si on avait besoin que quelqu’un nous y autorise, ou au moins nous y invite et nous y tienne la main.

De fait, l’hypnose générative aide à plonger dans cet état qui nous ressource et nous redonne de l’énergie. Parce que nous pouvons nous sentir autorisés par la rencontre avec un praticien qui nous y invite et maintient un cadre sécurisant.

De fait d’autres vont se laisser « porter » ou trans-porter par un livre, de la musique, de la poésie : là encore, on partage un temps avec quelqu’un. Ou d’autres vont chercher une activité qu’ils pratiquent pour leur simple plaisir comme un sport, le dessin, ou même une promenade. Et de fait certaines activités nous offrent un cadre qui nous permet de nous détendre.

Mais attention, certaines activités peuvent au contraire renforcer notre stress.
Soit parce que nous nous forçons, comme quand on veut à tout prix s’obliger à méditer, comme quand on se met la pression pour progresser au golf par exemple.
Soit parce qu’il s’agit d’activités de loisirs qui ont été inventées et développées pour leur capacité à capter notre attention et la maintenir à un certain niveau, comme les jeux vidéo, ou certaines séries télévisées, voire des livres qualifiés de turnpagers. C’est tellement bien : il se passe toujours quelque chose !  Mais plus question de détente alors, tout est conçu au contraire pour mobiliser sans arrêt notre vigilance, avec de préférence des effets addictifs. Et là, les mêmes personnes qui ne trouvent pas trois minutes pour méditer vont se retrouver piégées pendant des heures sur Netflix, Youtube ou même Candycrush !  Quitte à ce que certaines entreprises monnayent alors allègrement leur temps de cerveau disponible pour des annonceurs ravis de l’aubaine.

C’est tellement plus facile de glisser sur cette pente, où croyant nous détendre, nous sommes en fait occupés, que de ne RIEN faire pour de vrai.

Alors que pouvons-nous faire pour ne Rien faire ?

Pratiquer encore et encore !
Regarder notre plafond, rêver, tout en restant à l’écoute de nos sensations.
En reconnaissant que cela nous est aussi nécessaire que de recharger des batteries pour faire fonctionner un appareil.

Mais en inventant la meilleure manière de le faire pour nous.

Oui, ne Rien faire, c’est un entraînement.

Mais d’une nature particulière, où il ne faut pas s’appliquer à tout prix, mais plutôt se demander à chaque instant ce qui est bon pour nous.

Se demander ce qui est bon pour nous.
Là, maintenant.
Quitte à autoriser un temps plus ou moins long de silence.
Pour savourer la réponse.
Et même si la réponse est floue pour notre conscient, cette partie de nous qui veut à tout prix agir,

Nous pouvons inviter notre inconscient à imaginer comment ce serait là, maintenant, d’être avec ce qui est bon pour nous,
pour un instant, même très court,
Sentir comment c’est dans notre corps
avec ce qui est tellement bon pour nous.

Alors ? Vous essayez ?
Vous avez bien deux minutes ?

Blandine Stintzy,
janvier 2019

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