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Le succès de Stranger Things : hypnose et intelligence collective.

Le succès de Stranger Things : hypnose et intelligence collective.

Stranger Things, c’est la série de phénomène de l’année 2017, petit thriller de genre pour ados proposé par Netflix, devenu succès planétaire inespéré. Un succès souvent attribué au fait que la série surfe sur une nostalgie des années 80 où elle se situe, avec des références à des films culte de cette époque, comme E.T. auquel les jeunes héros de Stranger Things semblent avoir emprunté leurs vélos.

Mais je préfère croire que si cette série nous touche autant, c’est surtout qu’elle utilise des fondements de l’hypnose et notamment de la Transe Générative, et aussi de l’intelligence collective. Et j’aimerais faire l’hypothèse en outre que c’est le relatif manque de moyens de cette série qui a contribué à ce succès inespéré !…

Pour ceux qui auraient échappé au raz de marée, petit rappel : Stranger Things se passe dans un petit village rural. Will Byers, 12 ans -qui habite une maison isolée dans la forêt avec une maman isolée et un grand frère- disparaît …alors qu’il avait 3 « best friends » avec lesquels il faisait régulièrement des parties de Donjons et Dragons. Alors que ceux-ci se lancent à sa recherche, surgit dans cette forêt une petite fille avec le nombre 11 tatoué sur le bras et qui semble tombée de nulle part : elle s’appellera donc Eleven, et elle est dotée de superpouvoirs… Pendant ce temps d’étranges phénomènes se produisent et la mère est bientôt persuadée que son fils est retenu dans une sorte de monde parallèle : elle communique avec lui par des interférences téléphoniques et un système complexe de guirlandes qui clignotent dans sa maison… tout en se cachant de tous car elle craint qu’on la prenne pour une folle !…

Et bien sûr, il y a un centre de recherches scientifiques pas loin, de mystérieux méchants apparentés à la CIA prêts à tout pour protéger un incroyable et terrifiant secret… Et aussi un flic désabusé, ruiné par la mort de sa fille, qui se montrera… formidable !…

 

Et la clé de tout ceci est liée à un monde parallèle : l’Upside-Down. Un monde aux règles du jeu complexes, limite foutraque… Il ressemble au monde « réel » dans lequel les gens normaux vivent, mais dans une version cauchemardesque avec effets spéciaux, et créatures abominables qui peuvent en surgir. Certains des personnages peuvent y circuler plus ou moins facilement, d’autres y sont prisonniers vivants, d’autres vont y mourir, et il y a différents accès officiels et officieux pour y plonger… Mais ce que nous constatons, c’est que ce monde parallèle change selon l’épisode et selon le personnage qui y est confronté !… On a l’impression que les créateurs ont joué au fur et à mesure avec les images qu’ils pouvaient produire dans les moyens alloués… et selon les films culte auxquels ils pensaient… Pas de formatage marketing, pas de cohérence éditoriale pour une « petite série » qui ne pensait pas faire de vieux os !…

 

Mais du coup, le monde parallèle, au lieu d’être un seul monde régi par des règles définies une fois pour toutes, et donc rigides et immuables, semble différent selon les moments !… Chacun des personnages se connecte à des démons auxquels il est le seul à avoir accès. L’un verra des silhouettes gigantesques dans le ciel, un autre agira selon ses émotions et ses sentiments, et nourrira un petit animal douillet jusqu’à en faire un monstre, tandis qu’un autre aura affaire à des images déformées de la réalité nichées dans le souterrain, avec des ramifications multiples, pendant que le flic enquête sur des citrouilles qui se flapissent !… Une seule chose reste toujours vraie pour ce monde parallèle : il fascine parce qu’il est un immense réservoir d’énergie !…C’est bien de cela qu’il s’agit de Transe Générative : chaque inconscient est unique et propre à chaque individu, mais constitue le puissant réservoir de ses ressources psychiques…

 

Et dans la série comme dans un travail en hypnose, pour chacun, il s’agit d’affronter avec courage ces différents démons, et de transformer tous ses cauchemars en ressources pour s’en sortir, et ainsi évoluer et grandir en humanité. Je pense que c’est cela qui nous touche tant dans cette série… toute une galerie de personnages aux prises avec des difficultés d’adaptation dans le monde réel, qui vont plonger dans un monde souterrain dans lequel ils deviennent des héros… et qui reviennent plus forts et plus sereins retrouver leurs pairs. C’est exactement comme cela que Milton Erickson décrit le travail en hypnose : une plongée dans l’inconscient qui devient un espace d’apprentissage, plein d’images, de logiques inconnues, loin du contrôle de la raison.

 

Et dans la syntaxe de la série, chacun se retrouve seul face à ses propres démons. Certains indices me donnent à penser qu’il s’agissait au départ plutôt de faire des économies : un personnage, un décor !… et il y a pas mal d’histoires parallèles qui se tricotent sans trop se soucier de la logique pour les rendre cohérentes… Sauf que à un moment ou à un autre, chaque personnage ne peut s’en sortir qu’avec l’aide des autres, à des moments de grâce où chacun renonce à son propre ego : c’est donc bien d’une forme d’intelligence collective qu’il s’agit. Un des grands plaisirs de Stranger Things c’est aussi cette bande soudée, des gens qui se veulent du bien les uns aux autres, même s’ils ont des problématiques qui semblent incompatibles au départ.

 

Et c’est en cela qu’une des chances de Stranger Things, c’est que la série était juste un échantillon parmi tant d’autres sur lequel Netflix n’avait pas beaucoup misé. Pas de formatage éditorial révisé par des responsables marketing, pas de cohérence mainstream… Et même des moments où on a l’impression d’être face à du n’importe quoi pour le fun !… Mais j’aime à penser que même si les créateurs ont surtout joué avec les codes de genres qu’ils adorent, sans forcément avoir de « plan » sur le message véhiculé, ils ont communiqué une part profonde de leur inconscient qui rejoint l’actualité d’une sorte d’inconscient collectif…

Alors oui, j’espère que le succès immense de Stranger Things nous dit aussi cela… Qu’il y a plein de gens sur cette planète qui reconnaissent qu’on a tous des démons, et que les démons des uns sont différents de ceux des autres… Et qu’avec la bienveillance, la solidarité, et aussi une bonne dose d’humour- car il y en a aussi plein dans la série- on peut les affronter et tous devenirs des héros épatants…

Et si la Transe Générative vous intéresse, parlons ensemble…

Blandine Stintzy