Article mis à jour le 15 septembre 2026
Régulièrement des personnes viennent me voir en séance individuelle parce qu’elles n’arrivent pas à se débarrasser de douleurs au genou. Parfois elles ont déjà été opérées avec une prothèse, parfois la question se pose… d’autant que les infiltrations ne font pas toujours effet.
Grâce à la Méthode Feldenkrais, je peux leur faire découvrir une autre manière de bouger, pour se préserver des douleurs. Et il y a de grandes chances pour qu’elles retrouvent aussi le plaisir de marcher voire de faire du sport, en intégrant le genou différemment dans toute leur organisation de mouvements.
Une douleur au genou nous amène naturellement à porter toute notre attention sur cette articulation. Pourtant, le genou ne fonctionne jamais seul : sa manière de bouger dépend aussi de nos appuis, de la mobilité de la cheville et de la hanche, et plus largement de l’organisation de l’ensemble du corps.
C’est précisément ce regard global sur le mouvement que propose la Méthode Feldenkrais : plutôt que de chercher à « corriger » isolément le genou, observer comment nous nous organisons et explorer d’autres possibilités de mouvement.
Le genou est une articulation essentielle pour une vie active
Nous avons besoin de nos genoux pour marcher et courir, monter ou descendre des escaliers, nous asseoir et nous relever… mais ils sont parfois soumis à des contraintes trop importantes. Parmi les douleurs les plus courantes, on trouve principalement celles causées par
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- L’arthrose : une dégénérescence du cartilage qui peut provoquer des douleurs intenses et des raideurs, limitant ainsi la mobilité
- Les fissures de ménisque, souvent dues à des mouvements brusques ou à des traumatismes
- Les ligaments abîmés, comme dans la fameuse déchirure de ligament croisée qui peut arriver chez les sportifs.
Pour beaucoup de personnes souffrant des genoux, il y a eu de la rééducation avec musculation des cuisses, voire des infiltrations, qui peuvent faire effet un certain temps. Et puis la douleur revient. Et dans certaines situations, la manière dont le genou est sollicité au quotidien peut aussi contribuer à entretenir les douleurs.
Douleur au genou : quelques repères pour mieux comprendre le mouvement
Trop souvent les médecins et notamment les chirurgiens vont appréhender uniquement l’articulation pour laquelle les personnes viennent les consulter, pour laquelle ils sont spécialisés et constater qu’elle est effectivement abîmée. Et là où ça se complique, c’est qu’il peut aussi y avoir des douleurs sans qu’on puisse constater quoi que soit au niveau de l’imagerie médicale, comme l’explique le kinésithérapeute et chroniqueur Stéphane Demorand dans son livre Et si vous preniez soin de vous?
Commence alors une grande errance médicale pour un certain nombre de personnes souffrant de douleurs à un genou. Car le plus souvent, les médecins et surtout les chirurgiens sont spécialisés dans une articulation : ce ne sont pas les mêmes chirurgiens qui vont opérer un genou ou une hanche… et d’autres médecins qui vont s’intéresser au pied et à la cheville. Alors quand la douleur récidive, le réflexe de beaucoup de médecins est… de renvoyer leurs patients vers d’autres spécialistes !
Avec la Méthode Feldenkrais, l’approche est systémique. On considère que le genou ne fonctionne pas tout seul, mais en lien avec la cheville et la hanche notamment, et puis bien sûr la colonne vertébrale. J’aime bien l’expression de certains de mes collègues Feldenkrais qui disent que
« le genou est une articulation innocente »
En effet, le genou est fait pour se plier dans une seule direction dans l’axe du tibia. Et dès qu’on l’utilise hors de son axe, surtout en y mettant du poids, on risque de l’abîmer, voire de le blesser. Dans une bonne organisation du mouvement, ce sont la cheville et la hanche qui permettent des mouvements dans toutes les directions, et le genou qui reste dans son axe. L’articulation de la hanche est composée de la tête du fémur en forme de sphère qui peut rouler dans toutes les directions dans le cotyle.
Et je constate souvent que les personnes qui viennent me voir avec une douleur au genou ont des limitations dans leur hanche ou dans une de leurs chevilles dont elles ne sont pas conscientes. Et parfois certains se souviennent d’une vieille entorse de cheville à laquelle personne ne pensait plus, ou d’autres réalisent qu’elles passent trop de temps mal assises face à leur ordinateur et qu’un mauvais appui dissymétrique va impacter une de leur hanche… puis leur genou !
Le travail avec la Méthode Feldenkrais ne va pas se substituer à la chirurgie, ni même à la rééducation. Mais sa spécificité et sa grande force est d’apprendre aux personnes à mobiliser leurs hanches, leurs chevilles, leurs appuis dans tout le pied… Le tout en douceur et dans une approche ludique. Et de pouvoir avoir le choix, sentir surtout ce qu’il se passe, en réveillant leur proprioception. Et tout à coup, les personnes s’aperçoivent qu’elles peuvent bouger autrement, et que le genou n’est plus un problème…
Méthode Feldenkrais : interroger nos habitudes de mouvement
Car un des principes sur lesquels repose la Méthode Feldenkrais est qu’on a l’habitude de ne pas écouter les signaux faibles. Si un genou n’est pas tout à fait dans l’axe, si une hanche n’est pas bien utiliser, on peut continuer à fonctionner un certain temps, avant qu’une douleur ne s’installe…
Le travail en Feldenkrais va être de s’entraîner à sentir ces signaux faibles, et de pouvoir sortir du système de compensations. Par exemple, quand quelqu’un vient me voir avec une douleur récalcitrante à un genou …
il y a une question que je pose souvent :
« Sur quelle jambe êtes vous le plus en appui? »
Et le plus souvent la personne me regarde comme si j’avais perdu la raison, et me dit:
« Ben sur l’autre évidemment puisque j’ai mal à ce genou! «
Et là, nous prenons le temps d’explorer ensemble un peu plus précisément, et presque toujours, la personne réalise qu’elle prend appui en fait beaucoup plus sur la jambe dont le genou la fait souffrir. Je ne dirais pas 100% des cas, mais peut-être bien 80%…
Est-ce pour cela que le genou souffre ? À ce stade-là, nous ne le savons pas. Mais explorer d’autres répartitions des appuis peut permettre de découvrir des façons différentes de bouger et parfois plus confortables.
Et c’est là que tout commence !…
Car oui, la Méthode Feldenkrais commence avec une histoire de genou !…
Moshe Feldenkrais a commencé à mettre au point sa méthode dans les années 1950 parce qu’il voulait récupérer d’une blessure au genou à l’occasion d’un match de foot. Le pronostic des médecins était pessimiste : opération, et limitation des mouvements, et de moins en moins de sport. Et ça, c’était hors de question pour Feldenkrais, grand sportif, et l’un des premiers ceintures noires de judo en France.
Alors il s’est mis à étudier minutieusement le mouvement, pour changer sa manière de bouger et préserver son genou. Il a plongé dans l’anatomie. Sa formation d’ingénieur l’a conduit à considérer le soutien du squelette là où les personnes ne pensaient qu’au travail des muscles, et il a voulu optimiser l’utilisation des articulations.
Et cela supposait de changer sa manière de bouger, et là, il a découvert à quel point notre cerveau conditionnait nos mouvements… à cause de nos habitudes, de nos apprentissages, de notre histoire, et on dirait aujourd’hui de nos biais cognitifs…
Il a découvert aussi l’importance de pouvoir amener une attention d’une qualité particulière à nos mouvements, stimulant notre proprioception, pour restaurer la capacité d’auto-ajustement du système nerveux.
Cela a été le début d’une immense aventure qui a commencé en Angleterre, s’est poursuivie en Israël, puis en Europe et aux Etats-Unis. Plusieurs notions aujourd’hui étudiées en neurosciences — notamment la neuroplasticité, l’apprentissage moteur, la proprioception ou encore le rôle de l’attention dans le mouvement — font écho à certains principes que Feldenkrais explorait déjà dans son travail et ce, vingt ans après la mort de Moshe Feldenkrais.
Un genou, c’est d’abord respecter l’anatomie du squelette
Alors rappelons quelques principes de bon sens quand on veut préserver ses genoux :
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- Apprendre à déverrouiller les genoux, ce qui n’est pas la même chose que les plier !
- Quand on s’accroupit, bien veiller à ne pas avancer les genoux au-delà des orteils
- Ce qui suppose d’avoir « de l’espace » dans l’articulation de la hanche, pour la plier
- Et surtout privilégier un genou qui plie dans une seule direction, en ajustant les appuis du pied, l’orientation du bassin, et en favorisant la mobilité de la hanche
Si ces consignes vous parlent, allez-y, et si vous n’êtes pas sûr de tout comprendre, alors cela peut être une bonne raison de prendre rendez-vous !
Ce n’est pas toujours simple de sentir ce qu’on fait, parce que les mauvaises habitudes entraînent des compensations, et qu’il faut plus souvent tout un cheminement pour s’en rendre compte. On rencontre parfois des muscles figés par des vieux traumatismes engrammés comme autant de mauvais souvenirs.
Prendre soin de ses genoux : s’engager dans un chemin de découverte qui stimule aussi notre optimisme et notre curiosité…
Les personnes qui se lancent dans l’aventure Feldenkrais vont « sentir » leur corps autrement.
Car ce qu’on veut réveiller, c’est la capacité d’auto-ajustement du système nerveux pour agir plus efficacement avec moins d’effort…
Alors oui, ça demande de l’attention.
Au passage on découvre certaines douleurs qu’on aurait préféré ignorer…
Car on apprend à repérer les signaux faibles…
Mais à long terme, cela permet de s’occuper des symptômes avant qu’il n’y ait des blessures et c’est quand même mieux.
Et puis on va découvrir que
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- le dos est tellement plus souple quand on déverrouille les genoux, et que ça peut faire du bien aux lombaires !
- quand on pose le pied autrement, on peut marcher bien plus longtemps sans se fatiguer
- la respiration devient plus fluide
Et surtout, je guette ce moment chez les personnes que j’accompagne, où elles vont pouvoir orienter leur attention joyeusement, sans réserve, vers d’autres choses que leur douleur !
Cela passe par le corps, comme s’émerveiller de la mobilité des côtes par exemple !…(alors qu’on venait pour le genou)
Et puis cela peut devenir la capacité à s’occuper de ce qui leur tient à cœur, d’engager des projets, de vivre des moments joyeux sans avoir à se préoccuper de leur genou…
Ah oui, le genou, je n’y pensais plus…
Enfin on vient s’en occuper un peu parfois, comme de tout le reste du corps en mouvement
Pour en prendre soin régulièrement
Avant que les douleurs ne s’installent
Comme par exemple en s’engageant dans des cours collectifs Feldenkrais à Paris,
Ou le cas échéant lors d’une nouvelle séance individuelle Feldenkrais…
Et je me réjouis tellement quand les personnes que j’ai accompagnées sur cette problématique reviennent me raconter les grandes randonnées en montagne qu’elles ont pu savourer pendant leurs vacances!
Vous souhaitez explorer votre façon de bouger ?
Découvrez les séances individuelles de Méthode Feldenkrais à Paris avec Blandine Stintzy.
