Yoga, Taï-chi …ou/et… Feldenkrais ?

Le Yoga et le Taï-chi sont des pratiques corps-esprit millénaires. Les scientifiques se penchent de plus en plus sur leurs effets positifs pour notre santé. La Méthode Feldenkrais -plus récente et moins répandue, a fait l’objet de beaucoup moins de publications. Sa pratique a pourtant des effets positifs du même ordre que ceux du Yoga et du Taï-chi. Mais surtout, « faire du Feldenkrais » peut aider les adeptes du Yoga ou du Taï-chi à progresser dans leur discipline. Je vous explique comment

Yoga, Chiqong et Taï-chi, c’est bon pour la santé !

Le 24 août 2026, France Inter consacrait un épisode de Grand Bien Vous Fasse ! aux bienfaits de ces pratiques pour la santé. Parmi invités, un chercheur en neurosciences, le Docteur Daniel Schulz, et deux médecins, Lionel Coudron, Directeur de l’Institut de Yoga Thérapie, qui se consacre particulièrement à l’accompagnement des malades du cancer avec le yoga, et le Professeur Bingkai Liu, chercheur en Médecine Intégrative au sein de la Salpêtrière. Cela montre bien comment ces disciplines ont désormais leur place au sein de l’hôpital et des parcours de soins validés par les instances médicales.

On considère qu’elles agissent sur de nombreux mécanismes de l’organisme, avec des effets positifs sur la respiration, la gestion du stress, mais aussi la souplesse, l’équilibre, la vitalité.
Le taï-chi où il faut apprendre des enchaînements de mouvement stimule aussi nos capacités cognitives. Selon le Professeur Lionel Coudron, qui parlait notamment du yoga,

l’enjeu est de retrouver « un état de cohérence » entre le physique, les émotions et les pensées.

La recherche sur Feldenkrais est moins développée. Des revues rapportent des résultats sur l’équilibre, la mobilité, l’effort perçu ou certaines douleurs, mais appellent à la prudence face à l’hétérogénéité des études. Mais je ne peux manquer de rappeler aussi le livre de Norman Doidge Guérir grâce à la neuroplasticité, qui lui aussi rapporte des cas d’améliorations médicales très remarquables grâce à Feldenkrais…

Ce qui rapproche yoga, taï-chi et Feldenkrais

On retrouve dans « le Feldenkrais » des ingrédients voisins de ces deux méthodes millénaires… Dans ces trois disciplines, on est invité à ralentir, à se mettre en mouvement avec une certaine qualité d’attention, à améliorer sa coordination avec le souffle, et à préserver une cohérence sur l’ensemble du corps. On mobilise les articulations en respectant l’anatomie, et on cherche à allonger la musculature.


Je connais moins le yoga, sous toutes ses formes qui peuvent présenter de grandes différences, mais il y a toujours le souci du souffle, de la souplesse des articulations, en plus de la recherche d’une posture, et la stimulation de points énergétiques particuliers. J’ai plus pratiqué le chiqong et le taï-chi, et là on est plus souvent debout, avec des transferts de poids et des enchaînements de mouvements coordonnés avec la respiration, qui vont stimuler l’énergie et les méridiens dont on sait désormais qu’ils correspondent à nos chaînes de fascias.

En Feldenkrais aussi, on cherche un mouvement ralenti, conscient, qui respecte les articulations, et on fait attention à la coordination avec le souffle. Cela peut ressembler de loin à de la « gymnastique douce »… et donc favoriser la souplesse… Beaucoup des bienfaits décrits dans l’émission de France Inter sont régulièrement évoqués par mes élèves après les cours individuels ou collectifs. Ils se sentent détendus, plus souples, plus ouverts, plus tranquilles…

Mais le travail en Feldenkrais se focalise d’abord sur la proprioception et pour cela, on travaille d’une manière très particulière…

 

Feldenkrais : pas d’effort, loin de la limite, jouer avec les contraintes …  

Lors des leçons Feldenkrais, la plus grande différence avec le yoga et le taï-chi, c’est qu’on est le plus souvent allongé, avec des propositions de mouvements toujours « plus petits », sans effort… il n’y a pas de forme à respecter, mais plutôt des consignes et des questions avec lesquelles on joue…

  • Quand vous roulez la tête d’un côté, est-ce qu’elle se rapproche ou s’éloigne de l’épaule ?
  • Est-ce que vos yeux conduisent le mouvement ou le suivent ?
  • Est-ce que vous respirez ou vous bloquez votre respiration ?
  • Est-ce que l’appui sur les omoplates ou les côtes change ?
  • Que sentez-vous dans votre bassin ?

On rentre dans une exploration très précise des sensations proprioceptives, toutes ces informations qui circulent entre les capteurs dans les articulations, les tendons, les muscles et le cerveau… Et on invite le corps à faire des variations. Cela va permettre de restaurer d’autres manières de faire le mouvement, nous libérer de nos habitudes…

On crée un dialogue avec nos sensations, pour ouvrir le champ des possibles. Et pour que le système nerveux puisse se mettre à l’écoute des sensations fines, on le libère de toute vigilance sur des efforts, ou des risques d’alertes sur la limite…

Il s’agit de « nourrir » le système nerveux autonome de manières différentes de faire, pour qu’ensuite, il puisse mieux gérer nos intentions de mouvements.

Feldenkrais : les gammes du mouvement !  pour les musiciens, mais pas seulement…

On pense souvent à Feldenkrais pour les personne qui ont mal au dos, ou des limitations de mouvements, mais pas seulement ! …
En Feldenkrais, on travaille depuis longtemps avec des danseurs, des comédiens professionnels et surtout des musiciens qui sont amenés à faire des mouvements exigeants, répétitifs, et peuvent souffrir de TMS (troubles musculo-squelettiques).

A chaque fois, je leur propose des nuances : modifier un peu l’appui d’un côté, ouvrir les côtes, changer l’orientation du regard, détendre la mâchoire, etc… et sentir ce qui change dans le mouvement. Les musiciens peuvent découvrir ainsi des gestes pour éviter les douleurs… et souvent ils constatent que leur son est plus libre, plus plein…

Il ne s’agit pas d’apprendre à « faire comme il faut ». Car dès qu’on applique un modèle, une règle, il y a toujours un moment où on force, où le mouvement se dérègle à peine, et des compensations s’installent. Nous sommes des êtres vivants, on ne peut pas avoir appris le bon mouvement une fois pour toutes. Il faut être capable d’ajuster selon notre énergie du jour, l’état de nos articulations notamment.

Et depuis quelques années, certains praticiens Feldenkrais se spécialisent dans l’accompagnement de sportifs de haut niveau. Là encore, il s’agit de questionner la manière d’engager le mouvement, de tester des variations pour apporter plus de liberté et d’efficience dans le mouvement. Le plus de résultat possible pour le moins d’effort possible.

Feldenkrais pour se préparer au yoga ou au taï-chi  

Quand je pratique le taï-chi je peux constater que mon attention est parfois tellement mobilisée par les enchaînements de mouvements, et les formes que j’essaie de respecter… puis que mon bassin n’est pas totalement libre, et qu’un genou ne travaille pas dans son axe par exemple. Et je le remarque car j’ai beaucoup entraîné ma proprioception avec la Méthode Feldenkrais…
Alors j’observe aussi parfois d’autres participants aux ateliers, et je m’amuse à deviner où il leur arrive d’avoir mal…
Car dans beaucoup de cours de taï-chi ou chiqong que je connais, le prof montre l’exemple des bons mouvements, corrige les erreurs, mais n’invite pas à une écoute profonde des sensations… il s’agit d’apprendre sur le long terme, et de dire que cela se corrigera un jour, ou qu’au pire, les personnes abandonneront

Idem pour les cours de yoga, où souvent les élèves sont focalisés sur la réussite d’une posture difficile, en respirant plus profondément, en allongeant leurs muscles… mais parfois au détriment de la coordination de leurs articulations.

C’est normal.
Notre cerveau ne peut pas faire attention à plusieurs choses à la fois…
S’il est occupé à respecter la forme, les enchaînements, il ne peut se préoccuper d’apprendre en même temps la proprioception.

Alors Feldenkrais, c’est comme des gammes pour le yoga ou le taï-chi.
Comme les musiciens que j’accompagne, les personnes qui pratiquent régulièrement Feldenkrais en complément de leurs cours de yoga ou de taï-chi me disent que leurs sensations ont changé. Souvent, elles constatent qu’elles font moins d’efforts pour des résultats plus faciles. Elles se sentent plus grandes, ou plus lourdes ou légères… 
Et du coup cela renforce leur motivation pour apprendre de nouveaux enchaînements, approfondir, continuer !

Voici pourquoi cela peut être une bonne idée de combiner Feldenkrais avec d’autres disciplines corporelles ! Toujours intéressant d’ouvrir le champ des possibles !

Alors ? Vous êtes prêts à venir explorer avant de chercher à bien faire ?
Alors je vous invite à…

Découvrir mes leçons collectives Feldenkrais à Paris

Si vous pratiquez déjà le yoga ou le taï-chi et que vous souhaitez enrichir votre relation au mouvement, mes leçons collectives Feldenkrais à Paris offrent un cadre chaleureux pour explorer à votre rythme, sans prérequis de souplesse ni de performance.

 

Retour en haut